Le drame de ce soir d’hiver est celui d’Albert 1er, roi des Belges, décédé à Marche-les-Dames alors qu’il pratiquait son sport favori.

Il était âgé de 58 ans et était dans la 24ème année de règne. Alpiniste chevronné et passionné, il avait entrepris, ce jour là , l’escalade du rocher dit ‘l’inaccessible’ duquel il ne reviendrait pas.

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, cette aiguille n’est pas celle que l’on aperçoit de la route ; elle se cache derrière le rocher visible.

Après plusieurs heures de ‘non retour’, les secours commencèrent à s’organiser et les recherches furent dispensées sans relâche. Ce n’est qu’après minuit que l’on retrouva le corps de cet illustre alpiniste. C’est en voulant faire un rétablissement sur une corniche que le roi provoqua une chute de pierre. La corniche céda et le corps d’Albert 1er fut projeté dans le vide une dizaine de mètres plus bas. Il se fracassa le crâne sur une arête saillante.

Les belges n’ont appris le décès de leur souverain que le lendemain à leur réveil. Dès les premières nouvelles radiophoniques, un nombre impressionnant de pélerins vint se recueillir au pied des rochers. Ce n’était pas de la curiosité qui les animait mais le désir de prier ou de pleurer leur souverain perdu.

Le Roi Albert laissait à son peuple consterné le souvenir impérissable d’un homme au-dessus du commun, à la personnalité attachante. Son esprit caustique, sa bonté, son pessimisme et sa bonne humeur, sa mélancolie et son besoin de dépense physique trouvaient un puissant dérivatif dans l’alpinisme. Professionnellement sombre et taciturne, il devenait alors ouvert et rayonnant. Il était, avant tout, d’une inaccessible droiture et personnifia à la perfection, dans le monde entier, de 1914 à 1934, le prestige dynastique.